Le point commun, c’est le cinéma. L’autre point commun, c’est Feng Shui.
Feng Shui est un jeu de rôle qui vous permet de jouer toutes les stars du cinéma d’action de tous genres. A l’origine prévu pour le cinéma astatique (celui de Hong-Kong tout particulièrement), ce jeu s’est élargi à tous les genres. Du peu que j’ai pu voir lors de ma partie de découverte, il semblerait qu’il y ait toute une histoire mystique derrière tout cela, mais je n’ai pas eu le temps de m’y plonger. Bref, dans Feng Shui, vous interprétez un personnage issu d’un archétype (espion, sorcier, ninja, vieux maître, ancien des forces spéciales, sale gosse, journaliste, vampire, flic...), que vous personnalisez au niveau des quatre caractéristiques de base, des compétences et des « schticks » (« trucs » en étazunien populaire). Il est possible de jouer sur plusieurs périodes historiques, plus ou moins fantastiques, tout en permettant de mélanger les genres.
La création de personnage est extrêmement rapide, et une fois que vous avez noté vos quelques lignes d’histoire perso et de description physique, vous passez à l’action ! Pour bien jouer, il suffit de sauver le monde. Vous êtes un héros, ne l’oublions pas.
Le système de jeu est très simple : un dé positif, un dé négatif. A chaque action, vous lancez les deux, et on les additionne, l’un positivement, l’autre négativement. On peut ainsi augmenter ou diminuer la caractéristique ou la compétence testée. Les 6 sont relancés, ce qui peut considérablement augmenter la réussite (ou le plantage !).
Le double 6 amène un évènement particulier, soit positif, soit négatif suivant la relance effectuée. Cela oblige à improviser une action, qui peut parfois considérablement changer la face du jeu. Une réserve de points de chance permet de se tirer d’un mauvais pas. Vous êtes un héros, ne l’oublions pas.
Les compétences sont simples et claires. Armes à feu offre ainsi l’accès au maniement de toutes les armes à feu, ce qui simplifie grandement les choses ; tandis que la compétence « retaper » permet de réparer des choses, bricoler des gadgets ou trouver miraculeusement ce qui vous manque en plein milieu d’une action.
Les points de vie sont aussi sympathiques, car il n’y en a pas. Chaque arme fait des dégâts constants, que vous encaissez plus ou moins bien. Une fois que ce total de dégâts dépasse un certain seul, vous êtes handicapé dans vos actions. A la fin, vous mourrez, mais il faut vraiment le vouloir. Malgré tout, la Faucheuse peut venir cueillir un personnage. L’action stoppera alors, et il pourra mourir dans les bras de son meilleur ami, en prononçant une phrase mémorable. Vous êtes un héros, ne l’oublions pas.
Le système de combat est assez astucieux : vous partez avec une initiative donnée, et le MJ appelle les initiatives en décroissant : 20, 19, 18... A votre initiative, vous donnez votre action, qui vous vaut un certain nombre de « segments ». Une action standard vaut ainsi trois segments. Vous réduisez ainsi votre initiative d’autant de segments. vous pouvez ainsi jouer plusieurs fois par initiative !
Exemple : Votre initiative est à 12. Une fois à votre tour, vous déclarez que vous courrez vers la sortie. Cela prend deux segments pour le faire déclare le MJ. Une fois l’action prise en compte, le MJ appelle l’initiative suivante : 11, puis 10. A 10, c’est encore votre tour.
Une fois tout le monde à zéro ou moins, le MJ fait un bilan de la situation, et, si besoin est, redemande une initiative. Généralement, il suffit d’un tour d’initiative pour faire place nette. Après tout, vous êtes un héros, ne l’oublions pas.
Le monde est fait pour servir les PJ : les PNJ importants ont un nom, les autres sont la pour prendre des coups. Le décor est fait pour être démoli. Après tout, entrer par une porte est peu impressionnant, alors que passer par un mur est beaucoup plus rigolo.
Tout y passe : de la poursuite en voiture au lancer par les fenêtres, de la scène d’amour torride aux grandes réflexions sur la voie du Chi, Feng Shui nous plonge vraiment dans le monde du cinéma d’action. Vivez à fond, show must go on. Après tout, vous êtes un héros, ne l’oublions pas.
Les plus :
On rigole bien
Le système est simple
Tout peut arriver
Vous êtes un héros, ne l’oublions pas.
Plein de suppléments.
Les moins :
Déconseillé aux amateurs de subtilité. D’ailleurs, pour corroborrer cette affirmation, aucun supplément « cinéma d’auteur français » n’existe. Tant mieux !
Une campagne avec des gens pareils parait bien difficile, mais on fait bien des suites pour les films...
Pour conclure, je suis tombé amoureux de ce jeu. Il semble idéal pour s’occuper lors d’une soirée, pour animer une convention ou faire découvrir le jeu de rôle. Je ne puis que vous conseiller d’essayer, surtout si vous vous sentez trop retenus par le sacro-saint réalisme, si souvent invoqué. Vous êtes un héros... ![]()
















