La Croix noire, ou Kroaz-du.
En 1188, les Bretons adoptent la croix noire pour se distinguer des autres croisés (la célèbre croix rouge date de 1096). Il s’agit d’une croix noire pleine, centrée.
Ce drapeau devient rapidement le pavillon des marins, puis des soldats Bretons. On a pu la voir entre autres au combat des Trente, à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, etc. Elle évolue un peu au XVIe siècle, quand la marine Bretonne rajoute des mouchetures d’hermine au motif de la Croix.
Elle sera l’emblème de l’État Breton jusqu’à l’annexion en 1532. Elle disparaît alors au profit de l’« hermine plain », malgré un renouveau dans les années 50, en tant qu’emblème des scouts Bretons Bleimor. elle est encore parfois en usage à Nantes. On observa parfois une croix vidée, qui est une francisation de la Kroaz-du.
L’hermine-plain
En 1213, le roi de France Philippe Auguste place un capétien sur le trône ducal. Il s’agit de Pierre de Dreux, dit Mauclerc. Il épouse Alix de Bretagne, la sœur cadette du dernier duc Plantagenêt, Arthur Ier. Son père avait un blason « echiqueté d’azur et d’or à la bordure de gueules ». Comme Pierre Mauclerc est le fils cadet, il ajoute, comme c’était la coutume, une brisure, c’est-à-dire une modification. Il choisit la moucheture d’hermine, puisqu’il voulait être prêtre (voir la présentation de l’hermine).
En 1316, le duc Jean III ne conserve que l’hermine plain.
Après l’union en 1532, ce blason devient le drapeau de la province, et ce jusqu’à la Révolution.
Jusqu’au début du vingtième siècle
Le drapeau de la chouannerie Bretonne n’a plus rien en commun avec la Bretagne : la drapeau de Cadoudal est un drapeau royaliste. Il est blanc, avec une couronne, 4 branches de lauriers et 4 fleurs de lys, le tout en or. L’hermine plain connaitra un renouveau en 1870. Après les nombreux morts au Camp de Conlie, il redevient un symbole du sentiment national.
Le Gwenn-ha-du
Morvan Maréchal, un étudiant en architecture, décide en 1923 de créer un nouveau drapeau pour la Bretagne. En effet, la Kroaz-Du ne plaisait pas à cause de sa référence religieuse, ni l’hermine-plain car c’était un symbole de l’Ancien Régime. Ces inspirations sont les drapeaux grecs et américains, ainsi peut-être que le blason du clan Marshall en Irlande.
Il possède 9 bandes comme les neuf évêchés Bretons : 4 bandes blanches pour la Bretagne bretonnante ou « Breizh » (évêchés de Quimper, St Pol de Léon, Tréguier, Vannes), et 5 bandes noires pour la Bretagne gallaise ou « Bertaèyn » (évêchés de Rennes, Nantes, St Brieuc, Dol et St Malo).
Le drapeau conçu par M.Maréchal possède un nombre non défini de mouchetures d’hermine. Selon les règles de l’héraldique, ce doit être des hermines innombrables, c’est-à-dire que des mouchetures sont coupées sur les bords. La version la plus courante possède 11 mouchetures. Mais attention, contrairement aux étoiles des États-Unis, cela ne veut pas dire qu’il y a 11 évêchés.
Dès 1925, le Gwenn-ha-du est utilisé par des cercles celtiques, puis par le Parti Autonomiste Breton en 1927. Il acquiert ses lettres de noblesse en 1937, en dominant le pavillon Breton de l’Exposition Universelle de Paris. On le voit depuis un peu partout : concert de Johnny au Parc des Princes, match Irlande/Ecosse au tournoi des VI nations (!), JO d’Athènes...
Il a été déconseillé aux Bretons résidents des USA après les attentats du 11 septembre 2001, car il ressemblait au drapeau taliban.
























